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Séparés par des virgules

L’as des maths

Maître de conférences en mathématiques à l’Université d’Angers, Jean-Baptiste Campesato pilote le projet NewMIRAGE (New Methods in Real Algebraic Geometry), financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) à hauteur de 194 000 euros. Focus sur son parcours.


Jean-Baptiste Campesato.
La géométrie algébrique est un domaine ancien des mathématiques qui s’intéresse, entre autres, à des objets géométriques (courbes, surfaces) définis par des équations polynomiales, c’est-à-dire des fonctions élémentaires qui se construisent seulement avec l’addition et la multiplication.

Selon Jean-Baptiste Campesato, la géométrie algébrique réelle se différencie de la géométrie algébrique complexe puisque l'algèbre ne reflète plus aussi bien la géométrie. « C’est un sujet à l’intersection de plusieurs branches des mathématiques : de l’analyse à l’algèbre en passant par la topologie et la logique mathématique », confirme celui qui porte le projet NewMIRAGE. Ce dernier a débuté le 1er octobre 2023 et vise à développer de nouvelles connaissances sur les fonctions rationnelles continues et à étudier une version réelle de la fibre de Milnor.

Du Japon à Toronto

À 34 ans, Jean-Baptiste Campesato a déjà bien roulé sa bosse. Originaire de Lorraine, il a vécu, entre autres, dans l’Aube, en Seine-et-Marne, à Nice mais aussi au Niger et au Maroc. Des déménagements liés aux métiers de ses deux parents, professeure d’anglais et proviseur, et passionnés par les voyages.

C’est au lycée que Jean-Baptiste découvre la sienne : les mathématiques. « Avant cela, j'étais plus intéressé par l'informatique mais il y avait quelque chose d'assez intangible dans les mathématiques qui a attisé ma curiosité et que je voulais comprendre, se souvient-il. C'était aussi un défi puisque c'est une matière qui me demandait du travail et des efforts. »

Il décroche son bac scientifique, sa licence de mathématiques approfondies et son master en mathématiques – mention très bien à chaque fois - puis soutient sa thèse en 2015 à l’Université de Nice. Son travail sur la « fonction zêta motivique pour l’étude des singularités réelles » reçoit la mention très honorable.

Après sa thèse, il fait sa valise direction l’Université de Saitama au Japon pendant un an, retourne dans l’Hexagone à Aix-Marseille Université en tant qu’attaché temporaire d’enseignement et de recherche (Ater), puis repart l’année d’après à l’Université de Toronto pour un postdoctorat de trois ans. Là-bas, il enseigne en anglais dans des cours magistraux, reçoit le prix d’enseignement The Frederick V. Atkinson Teaching Award du département de mathématiques, et se consacre à la théorie des singularités au contact de spécialistes.

Arrivé en tant que maître de conférences à l’Université d’Angers en 2021, il a bénéficié en 2022 d’un financement de 6 000 euros de la Région Pays de la Loire dans le cadre de l’académie Pulsar, puis d’un soutien de l’ANR pour son projet de recherche NewMIRAGE, qui prendra fin en 2028.

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